Article du parisien : Les maisons de l’emploi redoutent le régime sec

Les maisons de l’emploi de Plaine Commune vont-elles devenir des coquilles vides? Hier, les élus de l’agglomération, toutes tendances politiques confondues, ont dénoncé à l’occasion d’une conférence de presse le risque d’une « réduction drastique du budget des maisons de l’emploi ». Le 27 octobre, après le premier examen du dossier de reconventionnement 2011, les huit maires de l’agglomération ont appris par un courrier de la direction de l’emploi d’Ile-de-France que le budget annuel de fonctionnement pourrait passer à partir de janvier 2011 de 1,3 M€ à 300000 € !


« Pour un territoire comme le nôtre, c’est assassin! «  accuse Patrick Braouezec, le président (ex-PC) de Plaine Commune.

Depuis 2 000, 26 000 emplois ont été créés sur notre territoire. Nous faisons tout pour que ce développement économique bénéficie aux habitants. Mais si demain les maisons de l’emploi n’ont plus assez d’argent pour fonctionner, la dynamique s’arrêtera. »
Unanimes, les élus rappellent les difficultés du territoire qui compte, malgré l’arrivée de nombreuses entreprises, 25746 demandeurs d’emploi et 15000 bénéficiaires du RSA (revenu de solidarité active). « Le problème reste le manque de formation, poursuit Jacques Salvator, le maire (PS) d’Aubervilliers. Or, les maisons de l’emploi jouent un rôle très important en amont. Sans elles, nous n’aurions pas eu autant de candidats à proposer pour le futur centre commercial le Millénaire qui doit ouvrir au printemps. »
Cette annonce intervient quinze jours avant l’inauguration de la maison de Pierrefitte, alors que celle de La Courneuve est en construction. « Nous inaugurons le 2 décembre. Nous fermerons le 3 ? » plaisante, amer, Michel Fourcade, maire (PS) de Pierrefitte. « Le bâtiment va coûter 850000 € mais il n’y aura personne pour le faire fonctionner ? » ironise Gilles Poux, maire (PC) de La Courneuve.
Pour l’Etat, cependant, cette réduction budgétaire est inévitable au regard des finances publiques. La direction de l’emploi estime dans son courrier qu’un certain nombre d’actions — les cyberbases, la validation des acquis, l’accompagnement des publics avant le recrutement… — ne rentrent pas dans le cahier des charges. Une hérésie pour les salariés de la maison de l’emploi de Villetaneuse où 4600 demandeurs sont inscrits sur la cyberbase. « La fracture numérique est une réalité en Seine-Saint-Denis. La plupart de nos usagers n’ont pas d’ordinateur, sont très peu qualifiés et très éloignés de l’emploi. Ils ont besoin d’un suivi professionnel mais aussi social. Où iront-ils si demain nous perdons trois postes ? » s’inquiète Camille Kittar, chargée de mission insertion.
Pour l’agglomération, il n’est pas envisageable de se substituer à l’Etat à hauteur de 1 M€. « Nous n’en avons pas les moyens, explique Patrick Braouezec. Nous allons nous battre pour que l’Etat continue de nous subventionner. » Hier, les élus ont sollicité un rendez-vous auprès du préfet délégué à l’égalité des chances. Une délégation d’élus, de professionnels, de syndicats et d’usagers a demandé à être reçue par Xavier Bertrand, le nouveau ministre de l’Emploi.

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